Tu lui as montré ta douleur. Pas en faisant une scène, pas en exagérant. Tu lui as dit que quelque chose n'allait pas, que tu souffrais, que tu avais besoin que les choses changent. Et l'autre t'a regardé(e). Et n'a rien fait.
Pas parce que ça lui est égal. Mais parce que ta souffrance le/la déstabilise.
Et c'est là que tout se complique.
Il y a une différence entre quelqu'un qui t'aime et quelqu'un qui aime ce que tu lui apportes. La stabilité, la présence, le confort du quotidien partagé. Quelqu'un qui t'aime vraiment peut te voir souffrir et rester dans cette douleur avec toi, même si c'est inconfortable. Quelqu'un qui aime ce que tu lui apportes, lui, ne sait pas quoi faire de ta souffrance. Elle menace l'équilibre qu'il/elle a construit. Elle demande quelque chose qu'il/elle n'est pas certain(e) de pouvoir donner.
Alors cette personne se ferme. Se met sur la défensive. Minimise ce que tu ressens ou change de sujet. Pas par cruauté. Par incapacité.
Et c'est peut-être la chose la plus difficile à accepter dans une relation. Que l'autre ne soit pas mauvais(e), pas indifférent(e), mais tout simplement incapable de t'aimer dans ta totalité. Capable de t'aimer quand tu vas bien, quand tu es léger(ère), quand tu ne demandes rien. Mais pas quand tu souffres. Pas quand tu as besoin d'être vraiment vu(e).
Ce n'est pas de l'amour complet. C'est de l'amour conditionnel. Et tu mérites mieux que ça.
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